1 mai, 2025

Vous n'êtes pas le bouclier des juifs !

Le 1er mai, nous nous sommes rendus simultanément aux traditionnels rendez-vous de l’extrême droite. Marion Maréchal Le Pen à Domremy-la-Pucelle dans les Vosges, où elle a déposé une gerbe devant la maison natale de Jeanne d’Arc, et Marine Le Pen et Jordan Bardella qui tenaient un meeting à Narbonne.

Car il n’est pas question de laisser l’extrême droite se servir des juifs pour accéder au pouvoir.

Nous dénonçons notamment depuis les élections européennes et législatives de 2024, l’instrumentalisation des français juifs par le RN dans une entreprise de dédiabolisation.

Cette entreprise de normalisation constitue la stratégie de conquête de pouvoir, mise en œuvre par Marine Le Pen depuis son élection à la tête du Front national, en janvier 2011.

Louis Aliot, alors vice-président du parti et époux de Marine Le Pen, théorisait en 2013 que la dédiabolisation ne pourrait passer que par le sujet de l’antisémitisme : « La dédiabolisation ne porte que sur l’antisémitisme. En distribuant des tracts dans la rue, le seul plafond de verre que je voyais, ce n’était pas l’immigration, ni l’islam… D’autres sont pires que nous sur ces sujets-là. C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela… À partir du moment où vous faites sauter ce verrou idéologique, vous libérez le reste (…) » (Entretien du 6 décembre 2013, in Valérie Igounet, Le Front national de 1972 à nos jours, Paris, Seuil, p. 420).

Nous ne sommes pas dupes de cette stratégie, et si les propos tenus visent à être irréprochables sur les Français juifs, nous dénonçons le fond de l’extrême droite qui est restée attachée à ses racines.

Le RN a conservé des liens forts avec des néofascistes ou sympathisants, comme Chatillon, Lousteau, ou Péninque. Ils continuent d’investir des candidats aux propos ou activités antisémites, comme Boccaletti, Joseph Martin, Sophie Dumont, Agnès Pageard…

Jordan Bardella a déclaré, en première intention avant de se reprendre quelques jours plus tard, que Jean-Marie Le Pen, pourtant multi-condamné, n’était pas antisémite.

Marion Maréchal Le Pen de son côté, se revendique ouvertement de l’héritage de son grand-père, à qui elle a dédié une lettre à sa mort, publiée sur X.

Julien Odoul récemment sur X, a réactivé viscéralement le cliché antisémite du juif coupable, lorsque le Crif s’est permis de le critiquer.

L’extrême droite demeure un instrument de haine, de division et de chaos, elle n’est pas un bouclier pour les Français juifs, et nous ne lui servirons pas de marchepied.

#NIFACHONIFACHO

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