
Nous Vivrons dénonce dans le cadre de cet entre-deux-tours des élections municipales toutes les alliances qui, sans vergogne, se sont assises sur les valeurs républicaines les plus fondamentales. Toulouse en est une illustration glaçante, et à l’occasion de la commémoration des attentats d’Ozar Hatorah, le candidat LFI François Piquemal, n’a pas trouvé d’autre provocation que de publier une tribune contre l’antisémitisme. La honte porte plusieurs visages, et incontestablement Monsieur Piquemal en fait partie. Analyse de Nous Vivrons.
François Piquemal publie une « Tribune contre l’antisémitisme » intitulée « 19 mars, Toulouse se souvient ».
Dans cette prose politicienne de 4 pages, le candidat mélenchoniste se pose en inlassable combattant du fléau de l’antisémitisme. Ceci n’est pas un canular.
Entre déni psychotique et stratégie électorale, celui qui depuis les massacres du 7 octobre n’a jamais eu de mots pour les victimes juives, se met à convoquer les notions de « peuple rassemblé face à l’horreur », de changement de forme de l’antisémitisme, et même l’humanisme de Franz Fanon qui disait « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous ».
Que nous vaut cette soudaine empathie pour la communauté juive ?
La volonté de se donner une légitimité à déposer la gerbe de fleurs lors de la commémoration qui se tiendrait quelques heures plus tard à Toulouse en souvenir des attentats du 19 mars, dont il n’a même été fichu de prononcer correctement, et en entier, les noms des victimes juives auxquelles il a « dédié une pensée » dans le débat de l’entre-deux-tours ? Le second tour des municipales au regard de son alliance avec Briançon ? L’envie de se regarder dans le miroir sans avoir honte ? Certainement pas la troisième.
Reprenons et analysons les quelques éléments de langage de sa tribune cités plus haut à titre d’exemples.
Comment explique-t-il donc le silence complice ou la relativisation coupable des insoumis face aux massacres du 7 octobre ? Et pourquoi donc se trouve dans sa liste un certain Julien Cadieu, qui passe son temps à relayer sur X des posts conspirationnistes ou injurieux visant des personnalités juives ou essentialisant les juifs notamment par l’usage de la formule « quel type de peuple… » ? Comment peut-il prétendre se recueillir le 19 mars et, dans le même temps, intégrer à sa liste Thomas Da Cruz qui affirme qu’il n’a jamais vu d’islamiste à Toulouse ? Est-ce donc cela le « rassemblement face à l’horreur » ?
L’antisémitisme a pris le visage de l’antisionisme depuis octobre 2023 et plus personne ne peut le nier. A Toulouse et dans la région, Piquemal a activement alimenté ces fléaux, de bien des manières : en n’ayant de cesse de réclamer la fin du jumelage historique de Toulouse avec Tel Aviv ; en appelant au boycott systématique d’Israël ; en soutenant chaque samedi le collectif Palestine Vaincra, dissout par le Conseil d’État, qui se réjouissait le 7 octobre 2023 que la « résistance palestinienne » vive et résiste ; en votant contre la loi visant à lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur ; en n’ayant d’ailleurs jamais le moindre mot pour les jeunes juifs victimes d’antisémitisme, en intégrant à sa liste des jeunes gens qui, en plus de ne pas savoir écrire, focalisent toute leur énergie contre Israël et les juifs, visés dans d’innombrables posts (voir notamment les messages postés ou relayés par Alicia Benyoub), etc. La liste est encore longue…
S’est-il donc senti meurtri lorsque sa colistière Alice Celik a partagé, à propos des pogroms et prises d’otages du 7 octobre, une théorie complotiste abjecte en écrivant « Un État capable de repérer une mouche dans le ciel n’a pas vu de camions terroristes, le hasard fait bien les choses » ? A-t-il condamné les propos de son patron Mélenchon quand il a affirmé en 2021 que les attentats de Toulouse étaient écrits d’avance pour venir perturber la campagne présidentielle ?
Évidemment, Piquemal n’a jamais bougé une oreille face à l’esprit conspirationniste/antisémite dont – s’il n’en est pas lui-même habité – il n’a jamais cherché à se distancier. Pas même, veille de la commémoration du 19 mars, lorsque Jean-Luc Moudenc l’interpellait sur ce point. Ni d’ailleurs, sur France 3 Occitanie, il y a quelques jours lorsqu’il affirmait « Monsieur Mélenchon n’est pas antisémite, et quiconque aura de l’honnêteté intellectuelle ira écouter ses discours, où pendant 30 minutes il fait la gloire de la résistance (…) ». Parle-t-on vraiment du même individu qui porte depuis plus de 15 ans une parole antisémite de la plus vielle engeance, basée sur les stéréotypes les plus éculés ?
Au-delà du chef, une grande majorité des leaders insoumis se sont compromis dans la fange de l’antisémitisme, si ce n’est le parti dans son ensemble (la référence aux dragons célestes, les caricatures de Hanouna, les retweets frénétiques des pires comptes complotistes et antisémites que l’on peut trouver sur la toile, les alliances nauséabondes avec Soral, ou avec des figures et comptes d’extrême droite bien connus, la nazification des juifs systématique, etc.).
C’est donc à ce François Piquemal, que le socialiste François Briançon a décidé de s’allier, pour faire barrage au maire sortant Jean-Luc Moudenc (DVD, soutenu par Horizons), là où l’extrême droite ne constituait pas un péril. Plutôt que de rester dans l’arc républicain, le socialiste a préféré se compromettre avec le parti passionnément antisémite.
Le traumatisme de la communauté juive de Toulouse est encore présent, 14 ans après. La peur est intacte. Face à l’hypocrise et l’indécence de François Piquemal, lors des commémorations du 19 mars, la colère et la douleur ont parlé. Le candidat s’est fait, à raison, vivement huer et interpeller, et de nombreux participants lui ont tourné le dos lors du dépôt de la gerbe.
Pour ce qui concerne les menaces et la violence verbale dont a pu faire l’objet le candidat, ce n’est jamais acceptable.
Si ce camp antirépublicain, qui n’a eu de cesse de parler d’antisémitisme que pour dénoncer sa prétendue instrumentalisation mais jamais pour le combattre, a l’outrecuidance de dénoncer un débordement isolé, dont les Juifs toulousains ne sont pas comptables, nul ne sera dupe de ce petit manège électoral honteux. La ville rose ne peut être donnée à un menteur, un lâche, un imposteur, un danger pour la République, et donc un danger pour les Toulousains, juifs et non juifs.
Jennyfer Dreyfuss, Nous Vivrons
There are no results matching your search